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On croit que le deuil est une fin. Mais si c’était plutôt un océan à traverser ?

  • Liliane
  • 1 mai
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 mai


On croit souvent que l’océan est une limite. Comme un truc qui sépare. Qui coupe. Un avant et un après.


Moi, je ne le vois pas du tout comme ça. Je le vois comme un passage.

Et si j’ai appelé cet espace “Derrière l’Océan...”, ce n’est pas pour faire joli. C’est vraiment comme ça que je ressens le deuil.


Je t’explique.



Quand tu perds quelqu’un, il y a un moment où tu te retrouves comme au milieu de quelque chose d’immense. Pas de carte. Pas de direction claire. Juste toi… et ce que tu ressens.

Tu avances, mais sans savoir vers quoi. Et parfois, tu n’as même pas envie d’avancer.


Mais que tu en aies envie ou non… tu es déjà dedans.



L’océan, ça ne se contrôle pas.


L’océan, ce n’est jamais vraiment calme tu sais! Même quand il a l’air tranquille, ça bouge en dessous.


Bah, le deuil, c’est pareil.

Il y a des jours où tu respires un peu mieux. Où tu te dis que ça va. Et puis d’un coup, ça revient. Sans prévenir. Une émotion, un souvenir ou même juste une pensée! Et c'est reparti, ça te prend complètement.

Je sais ce que c’est, ce moment où tu pensais gérer et où en fait... Pas du tout.

Tu ne contrôles rien et en fait c’est ça qui est dur. Parce qu’on aime comprendre. On aime maîtriser.

Sauf que là… bah ça ne marche pas comme ça.

Ce que les gens ne voient pas.


Il y a un truc qui me dérange souvent dans la manière dont on regarde le deuil.

On attend qu’il ressemble à quelque chose. Qu’il soit visible. Qu’il se voie. Qu’il s’entende. On attend de voir les endeuillés pleurer.


Mais la réalité, c’est que ce n’est pas toujours comme ça.


Tu peux avoir une douleur immense sans pleurer pour autant. Tu peux être complètement traversé et quand même rester silencieux.

Et du coup, les autres ne comprennent pas.


Je l’ai vécu. On peut vite te coller des étiquettes : “fort”, “distant”, “bizarre”, ou pire… “insensible”, alors qu’à l’intérieur, c’est tout sauf vide.

Ça tourne. Ça cogite. Ça questionne. Tu te demandes pourquoi, comment, ce que tu vas devenir avec ça. Et tu avances avec tout ça, même si personne ne le voit vraiment.



Ce moment où tu crois qu'il n'y a rien derrière.



Tu vois l’horizon, face à l’océan? On dirait qu’il n’y a rien n'est-ce pas? Juste une ligne et après le vide.


Sauf que c’est faux!


On le sait. Depuis la nuit des temps, les gens ont traversé les océans. Et ils ont toujours fini par arriver quelque part.

Ok d'accord, pas forcément là où ils pensaient mais jamais nulle part!


Dans le deuil, c’est exactement la même illusion.

Il y a des moments où tu peux te dire : “C’est fini. Il n’y a rien après ça.”

Alors que si.

Le deuil, ce n’est pas un mur. C’est un passage. Et oui oui, ça se traverse.

Quand ça secoue vraiment.


Et parfois… ça ne secoue pas un peu. Ça renverse tout!

Tu perds tes repères. Ce que tu pensais solide ne l’est plus. Ce qui faisait sens devient flou.

Le monde continue comme si de rien n’était. Et toi, tu te sens complètement à côté.


Je me souviens très bien de ce moment où j’ai compris que rien ne serait plus exactement comme avant. Pas forcément pire. Mais différent. Profondément différent.


Et ça, il faut l’encaisser.



Mais ce n’est pas que de la violence.

Parce que l’océan, ce n’est pas seulement ce qui détruit. C’est aussi ce qui transforme.


Dans ma culture, on va vers l’océan pour se nettoyer, pour se délester, pour se reconnecter. Ce n’est pas toujours agréable sur le moment, mais ça fait du bien après.

Il y a quelque chose qui se dépose. Quelque chose qui s’apaise.


Et dans beaucoup de traditions, on dit même qu’on est accompagné dans ces moments-là. Qu’il y a des forces, des énergies, des présences qui aident à traverser.


Que tu y crois ou pas, l’idée est là : tu n’es pas censé.e porter ça seul.


Traverser ce n'est pas oublier.


Ça, c’est hyper important.


Traverser le deuil, ce n’est pas tourner la page. Ce n’est pas effacer la personne. Ce n’est pas “passer à autre chose”.

C’est apprendre à vivre avec autrement.


Au début, les souvenirs font mal. Vraiment mal.

Et puis avec le temps, ils bougent. Ils ne disparaissent pas. Ils changent juste de place. Ils deviennent plus doux. Plus accessibles. Tu peux les regarder sans être submergé à chaque fois.


C'est un peu comme si tu les mettais dans un endroit précieux. Un écrin.

Et là, tu peux ressentir autre chose aussi. De l’amour, évidemment, mais aussi de la gratitude. Et parfois même un peu de joie!


Le lien ne se coupe pas. Il évolue.


Il y a toujours une lumière quelque part.


Il y a un truc tout simple, mais que je trouve puissant:


Face à l’océan, tu vois toujours le soleil se lever et se coucher.

Quoi qu’il arrive, ça revient. Même après la nuit. Même après la tempête.


Et ça, pour moi, c’est une image très forte du deuil.

Parce que même quand tu n’y crois pas, il y a quelque chose qui revient.


Toujours!



Pourquoi “Derrière l’Océan...”.



Alors moi, j’ai choisi de me placer là. De l’autre côté.

Pas parce que j’ai toutes les réponses ni parce que c’est facile. Mais parce que je sais qu’il y a quelque chose après.

Pas une vie comme avant. Mais une vie qui continue... autrement.


Et si je suis là, c’est pour t’accompagner là-dedans. Sans te brusquer. Sans te dire comment tu devrais faire.


Juste être à côté de toi, pendant que tu traverses.



Si ce que tu viens de lire te parle… alors c’est déjà beaucoup.


Et si tu veux, tu peux me laisser un commentaire. Même une phrase. Je te lis.


 
 
 

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